Les contraires au CE1 forment la quatrième séquence de ma progression de vocabulaire et probablement la plus facile à mener de l'année. Les élèves manient les oppositions depuis toujours, grand et petit, chaud et froid, ouvert et fermé : la séquence ne fait que donner un cadre à une intuition déjà là. Une seule vigilance de vocabulaire pour l'enseignant : au CE1, on dit le contraire plutôt qu'antonyme, même si rien n'interdit d'offrir le mot savant à une classe qui avance bien.
Voici mon entrée en matière, la découverte des préfixes qui fabriquent des contraires, la fiche et l'affiche à télécharger et les ressources de collègues.
Une entrée qui fait rire la classe
Réussir son entrée en vocabulaire, le manuel qui structure ma progression de lexique, propose d'introduire la notion par un texte savoureux, La contrariopathie, l'histoire d'un personnage atteint d'une étrange maladie qui lui fait dire le contraire de tout. Le rire fait le travail de découverte : pour comprendre la blague, il faut détecter les oppositions. Les élèves relèvent les paires de mots, la notion est lancée en vingt minutes.
À défaut du manuel, le jeu suffit : je joue Monsieur Contraire, qui répond systématiquement l'inverse de ce qu'on lui dit. Les élèves cherchent à le piéger avec des mots dont le contraire n'existe pas et ces tentatives ratées sont les plus instructives : tous les mots n'ont pas de contraire, première vraie découverte de la séquence.
Ce que la séquence installe
Deux savoirs se construisent au fil des séances. D'abord la relation elle-même : associer un mot à son contraire, pour des adjectifs, des verbes et quelques noms. Ensuite, une découverte qui prépare les années suivantes : certains contraires se fabriquent avec un préfixe. Heureux et malheureux, possible et impossible, faire et défaire. Les élèves adorent ce côté machine à fabriquer des mots et c'est une première entrée, très concrète, dans la formation des mots.
Pour l'entraînement, vous pouvez télécharger la fiche d'exercices sur les contraires que j'ai préparée, ainsi que télécharger l'affiche correspondante pour le mur de références. Les exercices croisent les formats : relier les paires, compléter une phrase avec le contraire du mot souligné, transformer une phrase entière en son contraire, l'exercice préféré de mes élèves.
Attention à la confusion avec les synonymes
La principale difficulté n'arrive pas pendant cette séquence mais deux séquences plus tard, quand les synonymes entrent en scène : les deux notions se ressemblent assez pour se mélanger dans les têtes. J'anticipe dès maintenant en verrouillant le sens du mot contraire par des gestes, les deux mains qui s'écartent, puis en promettant aux élèves qu'un autre mot viendra bientôt pour les mots qui veulent dire pareil. Nommer l'opposition des deux notions avant qu'elle ne pose problème évite bien des confusions.
Les ressources de collègues
Carabouille à l'école partage la séquence complète issue du manuel cité plus haut et Saperlipopette travaille justement contraires et synonymes ensemble, une approche intéressante pour la comparaison. Lutin Bazar fournit ses fiches d'exercices et les fiches d'Edumoov complètent l'ensemble. La méthode reste celle de mes 10 étapes d'une séquence.
La suite de la progression
Après le tri de mots et les mots génériques, les contraires poursuivent l'exploration des relations entre les mots. La progression continue avec les familles de mots puis se termine par les synonymes, où la comparaison avec les contraires prendra tout son sens.
Commentaires
Enregistrer un commentaire