Après la phrase, les types de phrases forment la deuxième séquence de grammaire de l'année au CE1. La notion parle tout de suite aux élèves : un point qui change, c'est une voix qui change. On raconte, on demande, on s'exclame. Bien menée, cette séquence s'installe en quatre séances et rapporte toute l'année, car elle nourrit la lecture à voix haute autant que la production d'écrits.
Voici le déroulé que je suis en classe, les erreurs d'élèves à anticiper, l'affiche à télécharger pour la trace collective et les ressources de collègues qui m'aident à construire les exercices.
Trois points, trois intentions
Au CE1, l'entrée la plus efficace passe par la ponctuation. La phrase déclarative se termine par un point : elle raconte ou donne une information. La phrase interrogative se termine par un point d'interrogation : elle pose une question et la voix monte à la fin. La phrase exclamative se termine par un point d'exclamation : elle exprime une émotion forte, la surprise, la joie ou la colère.
Un mot pour les collègues pointilleux : les grammairiens ne rangent pas tous l'exclamation dans la même case et certains classements en font une forme plutôt qu'un type. Cette nuance viendra bien plus tard dans la scolarité. Ce qu'un élève de CE1 doit construire ici, c'est le lien entre le point final, l'intention de celui qui parle et la voix qui porte la phrase.
Le déroulé en quatre séances
Séance 1 : le tri de phrases
Les binômes reçoivent une collection de phrases tirées d'un album connu de la classe : des phrases qui racontent, des questions, des exclamations. La consigne tient en une ligne, triez ces phrases comme vous voulez puis expliquez votre tri. La plupart des groupes s'appuient spontanément sur le point final et c'est exactement ce qu'on attend. La mise en commun nomme les trois types et associe chaque point à son intention.
Séance 2 : la voix qui change
C'est une séance d'oral autant que de grammaire. Une même suite de mots se lit de trois façons : tu ranges ta chambre. Avec un point, on constate. Avec un point d'interrogation, on demande. Avec un point d'exclamation, on se fâche. Chaque élève pioche ensuite une phrase et la lit avec la voix qui correspond à son point, la classe devine le type. Ce petit jeu théâtral est la séance que les élèves réclament ensuite toute l'année.
Séance 3 : structuration et affiche
On fixe la règle dans le cahier de leçons : trois types, trois points, trois intentions, avec un exemple choisi par la classe pour chacun. L'affiche rejoint alors le mur, juste à côté de celle de la phrase. Vous pouvez télécharger l'affiche des types de phrases que j'ai réalisée pour ma classe. Les exercices d'application suivent sur l'ardoise : montrer le point qui convient, dire le type d'une phrase entendue, transformer à l'oral une déclarative en interrogative.
Séance 4 : entraînement puis évaluation
Exercices écrits différenciés : identifier le type de phrases données, ajouter le point manquant, écrire une question et une exclamation à partir d'une image. L'évaluation, courte et calquée sur l'entraînement, clôt la séquence. Les élèves fragiles se repèrent vite ici : ce sont souvent ceux qui lisent encore sans tenir compte de la ponctuation, un signal précieux pour les groupes de lecture.
Les erreurs d'élèves à anticiper
Trois confusions reviennent chaque année. La première : un point d'interrogation posé dès qu'un mot comme pourquoi apparaît, même quand la phrase n'interroge pas. On y répond en revenant au sens, cette phrase attend-elle une réponse ? La deuxième : la confusion entre interrogative et exclamative à l'oral, quand l'intonation est ambiguë. Le retour au rôle de la phrase tranche, demander n'est pas s'émerveiller. La troisième : des élèves qui pensent qu'une exclamative est forcément courte. Quelques contre-exemples au tableau suffisent à défaire l'idée.
Des ressources pour nourrir vos exercices
Pour construire la séquence, la démarche par manipulation du livre Réussir son entrée en grammaire reste ma référence, présentée en détail dans mon avis sur ce manuel. Côté collègues, Orphéecole propose des séquences complètes d'étude de la langue au CE1 et Bout de gomme offre une banque d'exercices de français bien fournie pour l'entraînement. Adaptez toujours ces supports à votre progression : un exercice n'a de valeur que s'il arrive au bon moment de la séquence, comme je le détaille dans les 10 étapes d'une séquence.
La suite de la progression
Cette séquence s'appuie directement sur la séquence sur la phrase qui la précède : impossible de travailler les types sans savoir reconnaître une phrase. La progression continue ensuite vers les formes de phrases, où la négation prend le relais des points. L'ensemble suit ma programmation de grammaire CE1, disponible en téléchargement.
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